En 2019 la Guadeloupe est face à deux crises sanitaires et écologique majeures. Pendant que le monde marche pour le climat et que des mesures sont prises ici et là contre le plastique, en Guadeloupe nous utilisons des bouteilles en plastique, des bidons et des bassines pour nous doucher, nous laver les mains etc.
Pourquoi ? Parce que l'eau potable n'est plus distribuée normalement depuis bientôt cinq ans. D'après les informations communiquées par le SIAEAG (Syndicat Intercommunal d'alimentation en Eau et Assainissement de la Guadeloupe), l'organisme qui gère l'eau potable en Guadeloupe, la production d'eau potable n'est plus suffisante par rapport à sa consommation. Il n'y a pas assez d'eau pour subvenir aux besoins communs. D'autres par, le réseau de l'eau potable est défectueux et 70% de la production est s'écoule par des fuites et des branchements clandestins.
Résultat, l'eau est rationnée. Depuis presque cinq ans les communes sont alimentées en eau de façon périodique. Des tours ont été mis en place mais il arrive que les horaires des coupures varient. L'eau est coupée en moyenne entre 12h et 24h. Un vrai casse-tête pour la population qui doit s'organiser en fonction des coupures d'eau. Une situation dont on entend peu parler en dehors des médias locaux... Chez moi, nous avons connu des périodes de 15h de distribution d’eau potable pour quatres jours et cinq nuit sans eau. 
La seconde crise concerne le scandale du chlordécone... Cette molécule rentrait dans la composition de pesticides utilisés dans les Antilles françaises contre le charançon de la banane entre 1972 et 1993. Il a été prouvé que le chlordécone était nocif pour la santé et hautement polluant. Il est classé depuis 1979 comme neurotoxique, reprotoxique et cancérigène. Il a logiquement été interdit aux États-Unis et en France où il était utilisé. Sauf qu'aux Antilles sont utilisation est autorisée jusque dans les années 90. Ce sont des années d'empoisonnement délibéré des sols antillais. Résultat 90% de la population adulte en Guadeloupe et Martinique sont concernés par la contamination au chlordécone. Le cancer de la prostate est l'une des conséquences du chlordécone aux Antilles. Les sols et les eaux sont pollués et pourraient l'être encore dans 600 ans.
2700 c'est l'année où les sols et les eaux aux Antilles seraient depollués du chlordécone. C'est aussi le nom de l'EP de dj Noss qui m'a inspiré cette séries d’illustrations. Sa musique puise dans les rythmes traditionnels du bèlè martiniquais qu'il fusionne avec des sonorités electros.